COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Aile de mouette et longueur de temps

A plus de 500 milles d’intervalle en ce 8ème jour de la transat « Retour à la base », les deux voiliers du collectif We Sail For People and Planet de Thomas Ruyant et Sam Goodchild vivent deux expériences de mer et d’aventure radicalement différentes. Le Britannique Sam Goodchild, actuel leader des Imoca Globe Series, en piste pour sa toute première traversée de l’Atlantique en solitaire à bord d’un voilier de la classe, renouvelle les performances majuscules affichées durant toute la saison (4 podiums pour autant de courses disputées). Actuellement troisième de la flotte, il a profité cette nuit du passage du front pour empanner avec clairvoyance, passant de bâbord à tribord amure en un joli mouvement appelé « aile de mouette » par les marins, et surtout réaliser un intéressant décalage en latitude avec son prédécesseur immédiat Jérémie Beyou (Charal). S’il affirme vouloir gérer avec intelligence sa fin de course impactée par sa fatigue personnelle et celle de son bateau, Sam n’économise à l’évidence ni son énergie, ni son ambition de figurer le mieux possible sur la ligne d’arrivée de Lorient, envisagée pour la nuit de samedi à dimanche.

Plus de 520 milles dans son Ouest et au Sud de l’île Açorienne de Pico, Thomas Ruyant poursuit avec patience et un peu d’ennui son travail de marin. Il ramène son FOR PEOPLE handicapé par la perte de sa grand voile. Une précision intéressante à souligner tant le Nordiste, par ses trajectoires rectilignes, ses empannages pertinents, et sa vitesse moyenne, donnent le change et pourrait prêter à interrogation quant à l’état réel de son bateau. Et pourtant, c’est bien grand voile affalée et avec ses seules voiles d’avant savamment réglées que Thomas aligne, dans le vent tempétueux qui balaie l’Atlantique Nord, des journées à 350 milles! Un rythme qui pourrait lui permettre de voir Lorient mardi prochain, inscription au Vendée Globe validée!

Cette dernière tranche d’Atlantique à traverser pour les solitaires est de loin la plus difficile. Les trains de dépressions s’enchainent avec virulence, levant une mer creusée et désordonnée peu propice aux très hautes vitesses. Avec chaque mille avalé, les solitaires prennent conscience de l’usure de leurs machines, en passe d’en finir avec leur deuxième transat en un mois. Trouver où placer le curseur de la performance est bien la difficulté du jour, entre impatience d’en terminer, volonté de performer, et prudence de marin.

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