COMMUNIQUÉS DE PRESSE

L'aiguillon irlandais

L’énorme centre dépressionnaire en lente évolution dans l’ouest Irlandais agit comme un véritable aiguillon dans les tableaux arrières des voiliers de la 16ème Transat Jacques Vabre. Les forts flux de Sud Ouest en son Sud vont imposer aux duos, d’entrée de jeu et sans sommation, le régime le plus détesté de marins et des  bateaux, du près, du vent fort et de la mer creusée. Pas d’échappatoire, il faudra portant aller vite, dans l’Ouest d’abord, en traversant deux fronts virulents, puis gagner dans le Sud, pour échapper à une troisième interface entre masses d’air particulièrement violente. Trois jours et trois nuits d’une grande brutalité attendent Thomas et Morgan, contraints pourtant d’aller vite dans ce contre la montre météorologique, tout en préservant au maximum le potentiel de FOR PEOPLE pour les meilleurs jours à venir.

Les yeux déjà plongés dans de lointains horizons, l’esprit tout entier concentré et mobilisé par les enchaînements à venir, Morgan Lagravière jette pourtant un regard averti sur le menu proposé : « On  voit un schéma qui se dessine avec un passage successif de fronts. Un premier front qu’on devrait franchir le lendemain du départ, puis un autre le mardi et le troisième, auquel on peut échapper, dans la nuit de mardi à mercredi. Il ne faudra pas trainer pour lui échapper.

Ce sera un début de course brutal, avec du vent et jusqu’à 5 m de vagues. Cela fait partie des conditions automnales classiques. On sait qu’on a les moyens avec Thomas de gérer tout cela au mieux, tout en restant prudent et rapide. Il faudra trouver le bon dosage  pour échapper à la météo, aller vite tout en préservant notre plein potentiel. La route pour sortir de la Manche est incertaine avec deux scénarii possible, l’un qui nous envoie vers la côte de Bretagne Nord, suite à un petit contrebord, et l’autre qui tire directement dans l’Ouest depuis Barfleur, vers les Scilly, une option très engagée pour traverser le front. On n’a pas encore décidé. Il faudra aller chercher une bascule pour faire du sud mais cette bascule sera courte. C’est une porte de sortie pour échapper aux dépressions. 

C’est une entrée en matière brutale. Les cachets contre le mal de mer seront obligatoires ! La libération viendra dans trois jours. Après la pluie, le beau temps. On espère un sas de décompression après la troisième dépression, des dorsales à traverser avec du portant, et la route des alizés pour se faire plaisir avec de la glisse. Priorité au matériel d’ici là ! Pas de repas chaud ni de vrai sommeil avant trois jours ! Ambiance Solitaire du Figaro en somme ! ».

Départ ponton : 9 heures 32

Départ Classe Imoca : 13 heures 29 Nord du chenal du Havre

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