COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Deux courses dans la course

La flotte des 34 IMOCAs encore en course s’est donc scindée hier en deux pelotons distincts, aux trajectoires radicalement tranchées. Un groupe dit « du nord » navigue désormais au plus près de la route directe, l’orthodromie, emmené par Teamwork.net (Mettraux - Villion) et Groupe Dubreuil (Simon - Martinez), en approche de l’archipel des Açores et de ce point de passage obligé de l’Île Santa Maria à laisser sur tribord. Ces téméraires, inspirés ou simplement réluctants à traverser l’anticyclone qui leur barrait hier la route des alizés, progressent au près, face aux flux de Sud Ouest. Ils ont voté pour ce régime inconfortable, dur pour les hommes et la machine, peu rapide, mais plus court, pour rejoindre l’arc Antillais, pariant sur l’arrivée à terme de vents de Nord Ouest pour enfin glisser aux allures portatives vers l’arrivée.

Un second gruppetto, emmené par FOR PEOPLE, trace un sillon perpendiculaire à la route directe. Ces voiliers qui comptent en leur rang nombre de favoris de l’épreuve, ont traversé hier la fameuse dorsale anticyclonique alanguie au large du Maroc, et cavalent depuis dans un début d’alizé de Nord Est vers l’archipel des Canaries baigné par ces vents portant. Très rapides, avec des vitesses à deux décimales, les duos Ruyant-Lagravière, Beyou - Cammas (Charal) ou Richomme - Eliès (Paprec Arkea) progressent peu vers la marque d’arrivée, et leur classement calculé par rapport à l’orthodromie, peu flatteur, traduit leur éloignement prononcé de la route directe à partir de laquelle sont effectués les rankings. Les sudistes rivalisent ainsi en performances pour s’engouffrer en premiers dans les régimes de Nord Est au Sud des Canaries. L’heure est à la vitesse, et à la stratégie en approche de l’archipel Canarien. Toto et Momo semblent ce matin opter pour un passage entre Ténériffe et Gran Canaria, laissant Charal et Paprec Arkea jouer du côté de Fuerteventura. Passé l’archipel, avec des étraves enfin pointées vers l’arrivée, ils entameront à leur tour un franc décompte des milles au classement général. Leur débours vis à vis des Nordistes sera alors conséquent, 250 milles et plus, mais leur vitesse de rapprochement pourrait alors être deux fois plus grande que celle de leurs adversaires navigant au plus près des flux de Sud Est. Une seconde course est ainsi à observer, à près de 500 milles d’écart en latitude. Question option, les jeux sont faits, rien ne va plus!

Morgan Lagravière: "Le bateau est très bruyant. Le sifflement des foils est assourdissant, et malgré nos bouchons d’oreille, on arrive à peine à se parler. Ca va vite. Le bateau est top. Il nous régale dans ces conditions de portant avec de superbes moyennes de vitesse. Il est très sain, très marin, avec peu d’eau sur le pont et des vitesses constantes. Il  y a juste le bruit qui pollue l’ambiance. On suit la stratégie décidé depuis le départ. Avec Thomas, on avait décidé de ne pas s’aventurer au Nord, quoi qu’il arrive. Nous avions bien entendu considéré l’option Ouest, mais ce n’était pas fait pour nous! Quelques bateaux sont partis dans l’ouest mais nous allons faire au mieux avec notre décision. On va passer aujourd’hui entre les Canaries. Ce sera sympa! Les nuits sont longues et on est fatigué car on est à la bagarre. On est concentré sur le bateau et la navigation, avec pas mal de petits camarades de jeu à proximité."

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