COMMUNIQUÉS DE PRESSE

A la question « comment se motive-t’on pour gagner une épreuve dont on a brillamment remporté l’édition précédente ? », Thomas Ruyant et Morgan Lagravière, sans même échanger le moindre clin d’oeil complice, répondent d’une seule voix « Pour le plaisir ! » Et c’est bien l’apanage des anciens vainqueurs de laisser aux prétendants les affres de la pression, pour ne plus penser qu’aux immenses promesses d’indicible plaisir portées par leur étonnante machine FOR PEOPLE. Le vent, les vagues, le parcours, la compétition, les fiertés et les rêves que l’on partage, tout ce qui fait le sel de leur passion de marins, leur sont promis à compter de dimanche et les deux navigateurs porteurs des messages sociétaux du collectif We Sail for People and Planet comptent bien s’en gorger, s’en repaitre jusqu’à satiété. Leur étalon, leur pur-sang né du crayon des architectes Koch et Finot-Conq n’a pourtant montré en 6 mois d’existence qu’une fraction de ses pouvoirs. Assez cependant pour donner aux deux compères l’envie d’aller plus loin encore dans la découverte et dans la performance, revivre, sur le fil de l’exaltation, leur enthousiasme pour ces navigations de l’extrême, brutales, exigeantes, intolérantes mais ô combien passionnantes… et jouissives. Entretien croisé entre Toto et Momo :

Bateau jeune pour « vieux » couple…

Thomas Ruyant : « Le bateau a six mois, mais avec Momo on a déjà bien roulé notre bosse. C’est un avantage que d’avoir un bateau jeune que l’on continue de découvrir. Mais avec Morgan, on se découvre moins. On se connait par cœur ! On continue de progresser. Le début de saison nous a permis de naviguer et d’être dans le match très rapidement. Notre souci technique du Fastnet fait partie de la vie d’un bateau neuf, et fait partie de l’empirisme associé à ces prototypes. Il y a eu un gros bond en avant sur les bateaux. Les architectes eux-mêmes ne s’attendaient pas à ce que l’on marche aussi vite au près ! Aujourd’hui la confiance en notre FOR PEOPLE est entière. Nous partons sereins et heureux. »

Morgan Lagravière : « On gagne la première course après seulement 6 sorties, à notre grand étonnement. Le bateau n’a jamais traversé, il y a donc des incertitudes sur cette Transat. La remise en question permet de progresser. Le petit traumatisme du Fastnet nous a permis d’avancer sur nombre de réflexions, pour apprendre à ménager la monture sans affecter la performance. FOR PEOPLE est une évolution de FOR THE PLANET avec lequel on a gagné la Transat Jacques Vabre en 2021. Les déboires de jeunesse ont été renforcés au-delà de ce que nous pensions. Tous les éléments nous laissent à penser qu’on a coché toutes les cases. Mais nous sommes prêts à sortir la caisse à outils si nécessaire. La seule séquelle de notre incident est notre énorme envie de partir, car nous n’avons pas beaucoup navigué cet été. »

Pour le plaisir…

TR : « On va chercher le plaisir que l’on connut il y a deux ans. On est gâté d’avoir un bateau comme celui-là, bien né, rapide. La flotte est incroyablement dense en qualité. Le niveau a encore augmenté. Tous les marins ont progressé, en mode Vendée Globe. Le niveau de jeu est énorme et c’est cela qui nous anime. On sera satisfait si notre entourage est fier de nous à l’arrivée, en tête ou pas. Tout peut arriver ! »

ML : « On aime ce bateau. Il nous procure un plaisir incroyable. Je n’ai jamais ressenti de telles sensations sur un bateau. Chaque navigation est un kiff total ! »

Objectifs ?

TR :« On veut que notre entourage, équipe, partenaires, causes sociétales que nous portons (Entourage et Team for the Planet) , soient fiers de nous. C’est pour eux que l’on part le couteau entre les dents. On est conscient d’avoir les bonnes cartes en main pour jouer devant. »

ML : « La victoire en 2021 reste un de mes plus beaux souvenirs en carrière. Toto a depuis gagné la Route du Rhum. La dimension humaine était forte. On veut écrire une nouvelle histoire, avec une complémentarité étoffée, un bateau génial. »

Des attentes ?

ML : « Le contexte est différent. Notre manière de fonctionner n’est pas basée sur les attentes des autres. C’est ce que l’on est capable de donner durant deux semaines qui nous intéresse. La passion qui nous anime maximisera nos chances. On sait par expérience que c’est le cumul des petites satisfactions en course qui font que l’on est content ou pas du résultat final. La victoire, si tu n’as pas vécu de choses fortes avec ton coéquipier en course, avec l’équipe et le projet, cela n’a pas de saveur. »TR : « Il y a 5-6 bateaux qui se détachent, des marins d’exception. Il y aura des faits de course, des surprises. On n’est pas les seuls à avoir un bon bateau. Celui qui fera le moins d’erreur l’emportera. C’est la règle !La TJV est une course hivernale, d’alizés. On aura chaud, du portant entre San Pedro et la Martinique. On sait ce qui nous attend, avec la grosse incertitude des trois premiers jours, des passages de front, des dépressions d’Ouest et ensuite des alizés qui s’installent. Nos bateaux sont faits pour cela. J’aime bien cette configuration. »

Souvenirs…

ML :« On fait cette année 300 milles de moins qu’en 2021 puisque nous ne virons pas Fernando da Noronha, mais Sao Pedro plus au nord. Cela ne change rien stratégiquement. On garde un superbe souvenir du passage à Noronha de nuit, l’île qui se découpait sur le ciel étoilé, après 24 heures ultra rapides au portant. Ce fut un moment clé où on attendait une transition au reaching. On était tendu et on a vécu cela comme une récompense au bout de l’Atlantique. »

Intensité

TR :« Ce bateau nous permet de barrer un peu plus. On avait mis une intensité de folie en 2021. Jusqu’au bout, malgré notre avance, on avait attaqué comme des fous. C’est ce qui nous caractérise. Ce sera pareil cette année. On se fait plaisir dans l’effort, dans l’investissement physique et psychologique. »

ML : «Etre fiers de nous, c’est dépasser nos limites, au moins jouer avec nos limites. Une course ne se gagne pas dans les hauts, quand tout va bien. Mais c’est dans les bas, quand on va puiser au fond de nous, dans la bienveillance vis à vis de son équipier, que la victoire s’acquiert, dans les ressources que l’on va trouver et que l’on ne soupçonne pas. »

FOR THE PLANET

TR – ML : « On connait Sam et Antoine, on connait évidemment le bateau… Sam est coché comme un gros client qu’il sera difficile à laisser derrière. Nous ne sommes pas inquiets pour eux. On aura un regard particulier et amical sur nos compagnons d’écurie TR Racing… »

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